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Crise hypertensive

Le degré d’urgence
-         IL dépend essentiellement du retentissement viscéral de la crise hypertensive : l’hospitalisation en urgence avec transfert par ambulance spécialisée (SAMU) est nécessaire en cas de signes de retentissement viscéral aigu.
-         Des chiffres de TA très élevés, restant supérieurs à 13 pour la diastolique malgré le traitement, sont également inquiétants et justifient l’hospitalisation.
-         L’accès hypertensif simple se manifestant uniquement par des signes neurosensoriels (céphalées, phosphènes) peut être traité à domicile. Il en est de même en cas d’oedéme pulmonaire s’améliorant vite sous traitement (crise diurétique), en particulier chez le sujet âge.
Les messages
-         L’HTA maligne est rare mais elle met en jeu le pronostic vital (cerveau, cœur reins)
Et nécessite un traitement et un transfert rapide en milieu de réanimation.
-         L’HTA purement systolique du sujet âgé ne nécessite habituellement pas de traitement, car elle est essentiellement liée à la rigidité artérielle et réfractaire au traitement. Toutefois, une pression systolique supérieure à 25 peut avoir de fâcheuses conséquences neurologiques et doit être abaissée dans la mesure du possible.
-         En cas de crise hypertensive inaugurale, il est essentiel de revoir le patient afin d’affirmer le diagnostic d’HTA permanente ou non.
-         En cas d’HTA modérée, asymptomatique, il n’y pas d’urgence à traiter, il est préférable de se faire une idée du profil tensionnel, entreprendre le bilan de L’HTA, choisir le traitement le mieux adapté au long cours.
-         En cas d’HTA connue et traitée, si les crises hypertensives se répètent, il faut savoir modifier le traitement et surtout entreprendre l’enquête étiologique (sténose artérielle rénale, phéochromocytome).
-         Dans tous les cas, ne pas méconnaître un facteur iatrogène : oestrogènes, anorexigènes, vasoconstricteurs (nasal ou oculaire), anti-inflammatoires stéroïdiens ou non, consommation de réglisse, d’alcalins
Les médicaments, le matériel
Á domicile
-    Loxen (cp à 20 mg).
-    Lasilix (amp inj IM, IV à 20 mg).
-    Valium (amp inj IM, IV à10 mg).
Á l’hôpital
-    Loxen (amp inj IV à 5 mg ou 10mg)
4. La confirmation clinique du diagnostic
-    tension artérielle supérieure à 22 / 11 : elle doit être mesurée aux deux bras à plusieurs reprises, en décubitus dorsal, après 10 minutes de repos.
-    Noter les signes de retentissement : céphalées, retentissement neurosensoriel, épistaxis.
-    Rechercher les signes de gravité (HTA maligne) :
      . Cérébrale : signes neurologiques en foyer, altération de la conscience, raideur méningée,
      . Myocardique : oedéme pulmonaire aigu, insuffisance coronarienne aiguё,
      . Rénale : oligo-anurie,
      . Ophtalmologique : baisse de l’acuité visuelle.
-         La recherche d’une étiologie est d’autant plus importante que l’HTA est sévère.
Le protocole de traitement
Le traitement de l’accès hypertensif simple est effectué à domicile
-         Administration per os d’un cp de loxen à 20mg, à renouveler éventuellement ½ h après. La baisse tensionnelle sera obtenue en 15 à 20 minutes et sera d’autant plus importante que la TA initiale était élevée.
-         Le relais peut être pris par l’Adalate per os, une capsule toutes les 6 heures.
-         En cas d’oedéme pulmonaire associé : Lasilix 2 Ampoules IV, oxygéné si possible.
En cas d’HTA maligne
-         Á domicile : en attendant le SAMU ? 2 cp de Loxen 20 mg, Lasilix IV en cas d’oedéme pulmonaire, Valium 10mg IM (encéphalopathie hypertensive), et oxygène dés que possible.
-         En SAMU puis en USI : vasodilatateurs IV (Nitroprussiate de sodium), bêtabloquants
IV, et surtout actuellement Loxen 1 à 4mg /h à la seringue électrique ou Médiatensyl
Par voie IV, surveillance continue (PA sanglante ou Dynamap).
-         Le choix du traitement antihypertenseur ultérieur n’est pas une question d’urgence : six classes thérapeutiques sont disponibles (se rapporter à la question « surveillance d’un hypertendu ») :
. Diurétiques : Aldactazine, Cyclotériam, Fludex, prestole,
. Bêtabloquants : Artex, Avlocardyl LP, Kerlone, Lopressor, Spectral, Seloken, Ténormine, trandate, visken,
. Inhibiteurs de l’enzyme de conversion : Acuitel, Brian, Coversyl 4mg, Korec, Lopril, Reni tec, Prinivil, Tria tec, Zestril, Cibacéne, Justor, Ordik,
. Inhibiteurs calciques : Adalate 20mg LP, Baypress, Caldine, ChronadalateLP30, Isoptine 240LP, Loxen50mgLP, Nidrel, Mono-tildiemLP, Amlor, Flodil, Icaz,
. Antihypertenseurs centraux (Aldo met, Catapressan), antihypertenseur sélectif des récepteurs aux imidazolines bulbaires et rénaux (Hyperium, 1cp/j),
. Vasodilatateurs : Alpress, minipress, Médiatensyl,
. Associations : Bêta Adalate, Tenordate, Ecazide, Co-Rentic, Zestoretic.
Les premiers examens para cliniques
-         Non indispensables à la prise en charge de la crise, ils ont un double but :
. Apprécier son retentissement : électrocardiogramme, fond d’œil, urée, créatinine plasmatique, radiographie thoracique. Et selon la gravité : EEG EN cas d’encéphalopathie, gazométrie artérielle en cas d’OAP, recherche d’hémolyse, échocardiographie,
. Rechercher une étiologie : ionogramme sanguin (hypokaliémie ++), calcémie, protidémie, fonction rénale, protéinurie et hématurie à la bandelette.
Les trucs du métier, les piéges qu’il faut éviter
-         Attention à la taille du brassard : un brassard trop petit (chez l’obèse) entraînerait une surestimation de la TA. Il est parfois préférable de prendre la TA à l’avant-bras au niveau de l’artère radiale.
-         Chez le vieillard : réduire les posologies de moitié et se méfier d’une hypotension orthostatique post-thérapeutique (garder le patient allongé).
-         Chez la femme enceinte : les valeurs limites de la TA sont plus basses (environ de 20mmhg), éviter les diurétiques.
-         Une élévation tensionnelle est banale et transitoire au cours des situations de stress (catécholamines) : par exemple AVG, OAP, habituellement il n’est pas nécessaire de prescrire un traitement antihypertenseur.
-         En cas de douleur thoracique accompagnant la crise hypertensive, penser à l’insuffisance coronaire aiguë, mais aussi à la dissection aortique.



Auteur : Dr B. BOUJON
Ouvrage d'origine : Protocoles (urgences plans et shémas thérapeutiques)
Edition : EDITIONS SCIENTIFIQUES L&C1997
Pages renvoi : 85-87-88

Crise hypertensive visualisée 4676 fois , ajoutée le 08/05/2006

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